Objectif de cette deuxième édition : mieux comprendre les enjeux liés à la ressource en eau et partager des solutions concrètes pour en améliorer la gestion dans un contexte de changement climatique et de pressions croissantes sur les territoires.
Lors de cette journée organisée par Florent Bernolin, Chef de produit Gestion de l’eau chez AFNOR Compétences, et animée par Charlène Descollonges – ingénieure hydrologue et conférencière, conférences, retours d’expérience et échanges entre professionnels engagés dans la préservation et la gestion durable de l’eau se sont alternés.
Une ressource en eau sous pression
Les événements climatiques récents peuvent parfois donner l’illusion d’une ressource abondante. Pourtant, les experts sont formels : les tensions sur l’eau vont s’intensifier dans les années à venir.
Comme l’a rappelé Florent Bernolin : « Nous avons l’impression que notre territoire est bien arrosé, notamment au regard des inondations récentes dans l’ouest de la France. Mais cela ne signifie pas que nous sommes à l’abri d’une pénurie d’eau cet été, au contraire. »
En réalité, inondations et sécheresses sont les deux faces d’un même phénomène : le dérèglement du grand cycle de l’eau, accéléré par le changement climatique. Des pluies plus intenses en hiver, des périodes de sécheresse plus longues en été, l’artificialisation des sols ou encore la dégradation des sols agricoles perturbent l’infiltration de l’eau et fragilisent le rechargement des nappes phréatiques. Dans ce contexte, la gestion de la ressource en eau devient un enjeu stratégique pour les organisations, les territoires et les industries.
Mesurer la performance hydrique pour mieux agir
Plusieurs interventions ont souligné l’importance de mesurer les usages de l’eau afin de piloter efficacement les stratégies de préservation de la ressource.
Lors d’une table ronde dédiée à la performance hydrique, Matthieu Haslé (SCIC Coop’Eau), Axel Rochaud (AKITURRIA) et Maud Liron (AFNOR) ont présenté différentes approches permettant d’évaluer les consommations d’eau et d’identifier les leviers d’amélioration.
Dans le secteur industriel, Thierry Ziegler (ARKEMA) a partagé l’expérience de son groupe dans l’optimisation du cycle de l’eau sur les sites industriels, grâce à une meilleure connaissance des usages et à des programmes d’amélioration continue.
De son côté, Emmanuelle Oppeneau-Lucina (SUEZ) a présenté plusieurs initiatives de recherche et développement visant à préserver la qualité de la ressource et améliorer les technologies de traitement de l’eau.
Des solutions fondées sur la nature pour préserver l’eau
Au-delà des approches technologiques, les solutions fondées sur la nature ont également été largement évoquées.
Bertrand Gonthiez et David Blangis (InphytO) ont notamment mis en avant des approches comme la phytoépuration ou la gestion écologique des eaux. « Optimiser le traitement par l’intelligence écologique, c’est remplacer la logique d’infrastructure lourde par les fonctions naturelles des écosystèmes. La phytoépuration n’est pas seulement une technique : c’est une reconnexion entre gestion de l’eau et écosystème vivant. » a déclaré ce dernier.
Ces solutions permettent à la fois de réduire l’empreinte carbone des infrastructures hydriques et de réintégrer l’eau dans les équilibres naturels des territoires.
L’intelligence artificielle pour anticiper les tensions sur l’eau
La gestion de l’eau bénéficie également des avancées technologiques. C’est ce que prouve le projet PrevizO, développé par la Région Centre-Val de Loire, qui utilise l’intelligence artificielle pour anticiper les risques de sécheresse et améliorer la prise de décision publique.
Présenté par Amaury Chevalet, avec les contributions de Frédéric Ros (Technopole d’Orléans) et Adel Hafiane (INSA), ce projet s’inscrit dans une logique d’IA frugale, conçue pour optimiser l’analyse des données sans générer de consommation énergétique excessive.
Donner une véritable valeur à la ressource en eau
Au fil des échanges, un constat s’est imposé : la ressource en eau doit être mieux intégrée dans les décisions politiques, économiques et stratégiques.
Pour Simon Ferrière, il est nécessaire de politiser la question de la ressource afin de provoquer des changements structurels dans la manière de la gérer.
De son côté, Esther Crauser-Delbourg (Water Wiser) a rappelé que l’eau doit retrouver une valeur réelle dans les modèles économiques, afin d’encourager les organisations à investir davantage dans sa préservation.
Une mobilisation collective pour préserver l’eau
Cette deuxième édition du colloque Agir pour l’eau a montré que les solutions existent : amélioration de la mesure des usages, innovations technologiques, solutions fondées sur la nature et coopération entre acteurs publics et privés.
Mais face aux transformations du cycle de l’eau, l’enjeu est désormais d’accélérer la mise en œuvre de ces solutions.
Le rendez-vous est déjà donné : AFNOR réunira à nouveau experts et organisations en mars 2027 pour poursuivre les échanges et continuer à faire émerger des solutions concrètes pour la gestion durable de l’eau.
Comment vous impliquer davantage dans la préservation de l’eau ?
AFNOR Compétences propose des formations dédiées à la gestion de l’eau :
- ● Protection et préservation de la ressource en eau, avec notamment la formation « Les fondamentaux de la gestion durable de l’eau » qui permet de comprendre en 2 jours de formation les enjeux essentiels de la préservation de cette ressource.
- ● Sobriété, optimisation et substitution hydrique. Une formation dédiée à la norme ISO 46001 sur le système de management de l’eau vous guidera dans la mise en place d’une démarche liée à la sobriété hydrique de votre organisation.